
RETOUR A LA VIE CIVILE
Durant la Seconde Guerre Mondiale, de nombreuses horreurs ont été commises.
Le génocide des Juifs par les Allemands fut le plus tristement connu de tous. A partir de 1942, les nazis élaborèrent la « Solution finale » pour exterminer les Juifs de façon « industrielle ».
Plus de six millions de Juifs furent assassinés. Après la libération des camps, le retour à la vie civile fut très difficile pour nombre d'entre eux.
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Vers une nouvelle vie ?
Le soulagement et la joie qu’éprouvaient les survivants de la Shoah étaient mêlés à la tristesse d’avoir vu tant de gens mourir et à une grande colère contre les nazis.
En dépit de leurs cicatrices physiques et morales, la plupart étaient déterminés à recommencer une nouvelle vie.
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De nombreux mariages : Dans les mois qui ont suivi la libération, il y eut des milliers de mariages, dont environ 20 par jour à Belsen, le plus grand camp de personnes déplacées. Chaque mariage était un événement majeur pour ces communautés.
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Augmentation du taux de natalité : Les bébés étaient un signe d’espoir pour la renaissance du peuple Juif. Fin 1946, les camps de personnes déplacées juives avaient le taux de natalité le plus élevé de toutes les communautés juives du monde : près d’un tiers des femmes ayant entre 18 et 25 ans attendaient un bébé ou venaient d’accoucher.
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Revenir à l’éducation : Il n’y avait pas d’école dans les camps de concentration, et certains enfants n’avaient même jamais eu de scolarité auparavant. Après la Shoah, il fallait rattraper le temps perdu.
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Apprentissages : Pour les adultes et les jeunes, se préparer à une nouvelle vie signifiait acquérir ou réapprendre des savoir-faire. Dans certains camps de personnes déplacées, l’organisation pour la formation et la réhabilitation mit en place des programmes, comme des ateliers de couture. Cela aidait aussi les gens à reprendre confiance.
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Vie culturelle : Dans les camps de personnes déplacées, les activités sociales et culturelles, pièces de théâtre ou concerts, avaient pour but d’aider les survivants à reconstruire leur vie. Il y avait aussi des sports et des jeux, pour leur santé et leurs loisirs.
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Rechercher les siens : Beaucoup de familles avaient été séparées durant la Shoah. On ne savait plus qui avait survécu, ni où trouver les siens. Les Nations-Unies et les organisations juives recueillaient les témoignages des survivants et des informations sur leurs nouveaux lieux de résidence.
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Vie religieuse : Les survivants pouvaient pratiquer leur religion grâce aux rabbins qui avaient survécu et à ceux des organismes humanitaires. Ils étaient maintenant libres de prier ensemble et de célébrer les jours de fête. Pour certains, la religion était une façon d’affirmer leur identité juive et d’exprimer la souffrance vécue durant la Shoah.
Les destinations des survivants.
Il fallut des années pour que les survivants se fixent dans leurs nouveaux lieux de vie. Le plus grand nombre des Juifs alla en Palestine, devenu l’Etat d’Israël en 1948. Pour les survivants de la Shoah comme pour les autres Juifs, c’était l’aboutissement de leur rêve d’être un peuple libre. Ce pays devint le refuge des juifs du monde entier.
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La HIAS, une société d’aide aux immigrants juifs, aida de nombreux survivants de la Shoah à s’installer en Amérique.
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Survivants refoulés : Le mouvement de la Shoah faisait entrer illégalement des survivants en Palestine par bateau. Mais en 1947, l’Exodus, venu de Marseille, fut refoulé par les Britanniques. Le gouvernement français ne laissa pas les passagers débarquer et l’Exodus fut obligé de revenir en Allemagne, où les survivants allèrent dans des camps de personnes déplacées.
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Les camps de détention : Le sort des passagers de l’Exodus, et d’autres restrictions imposées par les Britanniques, provoquèrent l’indignation internationale. En réaction, les Britanniques cessèrent de refouler les bateaux et mirent les passagers dans des camps de détention.
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Le partage de la Palestine : Sous l’administration britannique, l’Est de la Palestine devint un territoire arabe, la Transjordanie. Les Juifs, eux, vivaient à l’Ouest. Une tension se créa alors entre les Arabes et les Juifs car les Arabes étaient contre l’immigration juive. En 1947, Les Nations Unies votèrent pour diviser la Palestine en un territoire arabe, un territoire juif et une zone internationale.
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L’Etat d’Israël : Les Juifs acceptèrent à contrecœur le plan de partage des Nations Unies et organisèrent un Etat juif dans les trois zones. Ils proclamèrent l’indépendance de l’Etat d’Israël le 14 mai 1948, après le départ des Britanniques. Ce jour-là, les gens dansèrent dans les rues en agitant des drapeaux. Mais à l’aube, les pays voisins bombardèrent Israël : le conflit israélo-arabe vient de commencer.
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Nouvelles destinations : Les principaux juifs partirent aux Etats-Unis, soit 4 800 000 de juifs. Beaucoup de juifs partirent aussi dans leur nouveau pays, Israël. Pour le reste, ils se sont divisés dans les nombreux pays de l’Europe et d’Europe de l’Est. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, environ 330 000 juifs sont restés en Allemagne.
Simone Veil
Simone Veil est une survivante du massacre du peuple Juif pendant la Seconde Guerre mondiale.
Elle est née le 13 juillet 1927 à Nice. Elle est issue d’une famille juive non pratiquante.
Le 30 mars 1944, elle est arrêtée lors d’un contrôle dans la rue par deux soldats SS, elle a alors 16 ans. Elle est ensuite emmenée à l’hôtel Excelsior, quartier général Allemand, lieu de regroupement local des juifs.
Elle est déportée le 15 avril 1944 au soir, au camp d’Auschwitz-Birkenau.
Un prisonnier l’aida en lui disant de se faire plus vieille pour éviter l’extermination. Elle intègre donc la section de travail forcé.
En juillet 1944, elle est transférée à Bobrek et est amenée dans la marche de la mort, jusqu’au camp de Bergen-Belsen où elle travaille à la cuisine.
Le camp est libéré par les Britanniques le 15 avril 1945, Simone et ses deux sœurs sont les seules survivantes de la famille.
Après son retour en France, elle ne parviendra à parler de son expérience qu'avec sa sœur Madeleine, avec qui elle a partagé la déportation. Durant plusieurs décennies, ce drame restera secret, uniquement connu de ses proches.
Après les violentes attaques personnelles qu'elle a subies lors de l'adoption de la loi sur l'interruption volontaire de grossesse, elle exprime le besoin de partager son expérience dramatique de la déportation et des camps de la mort. Elle sera longuement interrogée sur ce sujet lors d'une émission de la télévision française durant la seconde moitié des années 70, alors qu'elle est ministre..
Portraits de rescapés Documents extraits du n°20 du magazine GéoHistoire , Avril-Mai 2015.

VICTOR PERAHIA Bergen-Belsen
"vouloir mourir à 12 ans"

Pendant 40 ans Victor a été incapable de parler de la déportation."Quand j'essayais de raconter ce que j'avais vécu, je trouvais que les mots ne correspondaient pas" explique t-il.
IDA GRINSPAN Auschwitz-Birkenau
"je n'ai jamais eu 15 ans"


A son retour, Ida a appris la couture et a épousé un tailleur. Ensemble, ils ont eu une fille. En 1988, elle est retournée à Auschwitz pour accompagner un groupe de jeunes élèves.

HENRI BORLANT Auschwitz-Birkenau
"j'étais devenu le numéro 51 055"

Malgré une pneumonie et le retard scolaire accumulé pendant sa déportation, Henri est devenu médecin. Il a épousé Hella une Allemande, avec qui il a eu trois filles.
MARCELINE LORIDAN-IVENS Auschwitz-Birkenau
"je me suis cachée dans un cercueil"
Ecrivain et cinéaste, Marceline Loridan-Ivens a raconté son histoire dans un film, La Petite Prairie aux bouleaux (2003), dans lequelle elle est incarnée par Anouk Aimée.


